Classement du mois
de avril

Image de background du thème de avril

L'espace

Je n’en peux plus de ma maladresse… Mes très chers manuscrits perdus dans les flammes, le café et le vent, mon travail acharné gâché par ma bêtise… Je ne vais jamais y arriver… Je ne suis qu’un bon à rien qui ose se qualifier d’écrivain. Foutaises… Le roi des bêtises ou de la malchance, ça oui par contre. J’ai beau me bercer d’illusions, je dois admettre la vérité, je n’écrirais jamais mon roman. Afin de me changer les idées, je décide d’allumer mon téléphone et de me perdre dans les réseaux sociaux. Je n’ai pas l’habitude de le faire, mais bon, les gens changent. A force de scroller, je tombe tout à coup sur une annonce qui me redonne confiance en moi ! Une maison d’édition locale est en train d’organiser un concours d’écriture et recherche des nouvelles ayant pour thème “ L’espace et les voyages spatiaux”. Et puis pourquoi pas ? Cette participation est peut-être le coup du destin, c’était peut-être le coup de fouet dont j’avais besoin pour avancer ! J’ai plutôt l’habitude d’écrire de la fantasy, mais vu que cela ne fonctionne pas, j’aurais plus de chance avec la science-fiction. Allez, je me lance, c’est décidé ! J’allume mon ordinateur, j’ouvre un document word, et c’est parti !



Année 2340, planète-mère ZR90. 



Une alarme résonne de nouveau dans la base spatiale, suivi par les bruits d’une troupe en partance pour l’espace, les bruits des réacteurs des vaisseaux spatiaux de plus en plus performants, les cris des officiers et des astronautes qui n’arrivent jamais à se mettre d’accord. Une cacophonie à laquelle les Hommes ont dû s’adapter après les problèmes de la Grande Migration. Cela fait maintenant quelques années que les Hommes se sont établis sur ZR90 et que la société prospère à nouveau. La Grande Migration a été causée par la destruction de notre bien aimée planète Terre. La cupidité, l’hypocrisie, la male gouvernance, la pollution… autant de facteurs qui nous ont menés à notre perte. L’an 2180 a été notre fin à tous… Les plus fortunés ont réussi à s’échapper pour survivre dans l’espace. Les progrès techniques avaient été fulgurants et l’ancienne génération a pu survivre dans les vaisseaux jusqu’à ce que l’on découvre ZR90, une superbe planète ressemblant en tout point à la Terre. La seule grosse différence, l’être humain n’y avait jamais mis les pieds. Vous ne pouvez pas comprendre à quel point c’était magnifique de voir tous ces paysages sans aucune pollution visuelle, de respirer l’air frais et pur après des années confinés entre quatre murs en métal. Nos aînés ont vécu de nouveau, et puis ils ont amorcé la destruction de notre nouvelle planète-mère. A croire que l’être humain ne peut pas toucher quelque chose sans le détruire. Et à peine quelques années après la colonisation de ZR90, nous voilà de nouveau dans une impasse. Cette planète, bien que magnifique, est assez pauvre en matériaux et minerais. En quelques années, nous avons déjà pillé les plus importantes réserves. Nos dirigeants ont donc eu la merveilleuse idée de faire de ZR90 une énorme base spatiale pour la conquête de nouvelles planètes… D’où les alarmes et le raffut incessant. Des équipes partent dans l’espace tout le temps, et c’est maintenant au tour de la flotte SFFF, composée de dix valeureux pionniers, de s’envoler vers de nouveaux horizons à la recherche de minerai de météorite. L’objectif de cette mission est d’atteindre la planète ZT156 qui se trouve à trois semaines de vol et de piller le maximum de ressources, et notamment le fer de météorite que les scientifiques affirment avoir découvert. 



“Capitaine ! Nous avons un problème, cria Orynthe. Tous les signaux indiquent une éruption solaire droit devant nous ! Les machines s’emballent ! 

Enclenchez les systèmes de secours ! Code rouge, code rouge ! 



Au son des alarmes du code rouge, nos vaillants pionniers se préparèrent à affronter leur premier problème de la traversée spatiale. Quand tu t’engages dans ce domaine, tu es conscient des risques. C’est toutefois différent d’y être directement confronté après à peine quelques heures de vol. Le capitaine est toutefois compétent et sait ce qu’il fait. 

Capitaine, intervient Lizzard. Le champ magnétique est trop instable et trop important. Notre vaisseau ne peut pas continuer sans être endommagé. 

Et vous voulez-faire quoi ? On doit continuer à avancer ! Nous n’aurons pas assez de carburant pour faire un détour… On doit avancer !

Mais capitaine… 

J’ai donné l’ordre d’avancer ! 



Sur les ordres du capitaine, le vaisseau SFFF vole à travers l’éruption solaire, essayant d’éviter le maximum de dégâts. C’est du suicide mais le vaisseau sort après quelques heures de ce désastre solaire…. Sans trop de dégâts ou presque… L'un des principaux boucliers protecteurs est malheureusement tombé en panne pendant quelques minutes, ce qui a eu pour résultat de désactiver la densité gravitationnelle. Catiminus, qui a toujours été considéré comme le gringalet de service n’a pas eu la force de résister à ce changement de force gravitationnelle. Après à peine quelques minutes, il a commencé à suffoquer jusqu’à ce que son corps n’explose, ne pouvant plus le supporter. Devant l’horreur de la situation, les autres membres de l’équipage ont fermé les yeux et prié de toutes leurs forces de ne pas être le prochain sur la liste. Naphira était en train de suffoquer quand le vaisseau est enfin sorti de l’éruption solaire, rétablissant ainsi une partie du bouclier. Une course contre la montre s’engage maintenant pour les réparer avant qu’on ait à déplorer plus de morts. Même Naphira met la main à la pâte et se prépare pour une sortie dans l’espace pour aider à réparer le bouclier… Mauvaise idée. Il est tellement déboussolé par sa suffocation, qu’il n’arrive pas à voir tous les dangers. Et c’est par malchance que Naphira heurte l’un des réacteurs du vaisseau qui le tue sur le coup. 

En dépit de la perte de deux membres, l’équipage a enfin réussi à réparer les boucliers et repart vers la planète ZT156,motivé à terminer leur mission. 



    Le vaisseau SFFF est de nouveau sur la route des étoiles, en pleine forme, et sans avaries techniques notables. Le seul petit problème est que la flotte a pris un peu de retard en réparant les boucliers et en s’occupant de leurs morts. Ce n’est pas un grand retard, mais le capitaine envisage de prendre un raccourci pour être sûr de ne pas être à court de carburant. 

“Cap sur la route entre la planète GT80 et JI389 ! 

Mais capitaine ! C’est la route des contrebandiers ! Nous allons être en danger si nous passons par là !

C’est soit ça, soit mourir dans l’espace. Mon choix est vite fait. 

Et le droit de passage à la guilde des pirates ? 

Nous avons bien quelques pièces permettant de le payer ! 

Mais ce sont nos économies !

Et je suis le capitaine ! Ne remettez pas mon jugement en question ! 



    Ainsi, avec une haine grandissante à l’encontre de leur capitaine, les membres de l’équipage se délestent de leurs biens monétaires pour payer les pirates… Leur seul espoir… Ne pas se faire tuer par les pirates de l’air sans foi ni loi. Cosmo qui a vu ses meilleurs amis mourir en a plus que marre. Après avoir laissé une lettre pleine de reproches au capitaine, il envoie un message radio à un vaisseau passant tout près de là et met sa combinaison spatiale pour sortir dans l’espace. Le capitaine, enragé, décide de désactiver sa radio et Cosmo meurt, tout seul, à court d’oxygène dans l’espace sans que le vaisseau ne puisse le récupérer. 



    Bhrym a assisté à cette forme d’exécution inhumaine et récupère la lettre de son ami pour répéter en boucle ses mots à travers le microphone, quitte à entrer en conflit avec le capitaine : 

“Comment se fait-il que de respectables capitaines de la flotte connaissent si bien la route des contrebandiers ? Qu’ils aient des contacts avec les pirates ? Seraient-ce des traîtres ? À la solde des anarchistes ? Nous ne pouvons plus avoir confiance… Nous allons mourir.” 



C’est en tout cas, ce qui est arrivé à Bhrym qui se fait tuer d’une balle dans la tête par le capitaine, qui l’attendait patiemment derrière la porte, mécontent d’être méprisé de la sorte et que l’on remette encore en cause son engagement et sa moralité. 

C’était sans compter les autres membres de l’équipage qui se sont réunis en secret sous l’égide des deux militaires engagés pour la sécurité de la flotte en cas d’attaque extra-terrestre. 

“Cette situation n’est plus possible, nous devons agir. Il va nous mener à notre perte ! 

Et qu’est ce que tu proposes ? 

Nous sommes assez expérimentés pour pouvoir nous passer de sa soit-disante expertise qui nous a causé plus de problèmes qu’autre chose. Nous pouvons nous passer de lui.

Bonne idée ! Nous vivrons sans capitaine! 

Idiot ! Il y aura un commandant ! Je serais votre capitaine, renchérit Caseus, l’un des deux militaires ! Suivez-moi et vous n’aurez plus jamais peur ! 



Sans trop de difficultés, le capitaine a été maîtrisé lorsqu’ils sortaient des toilettes et a été mis au fer dans une sorte de cagibis dans les cales du vaisseau. Enragé, il médite et planifie sa revanche sur cette bande d’incapables malhonnêtes. Cependant, il n’avait pas compté sur l’oubli de la part de l’équipage. Au bout de quelques jours sans eau, ni nourriture, il se fait à l’évidence, il va mourir de soif avant d’avoir pu faire quoi que ce soit. Désespéré, il essaie d’ouvrir de force la porte en métal.. Sans succès. Seul résultat, à force de trop tirer sur la corde, il s’évanouit et Esar ne se réveille plus jamais. 



La flotte diminuée continue son chemin sans une seule pensée pour leur ancien capitaine jusqu’à se retrouver face à la cheffe des pirates, qui demande à ce que l’on respecte les règles et qu’on lui paie le droit de passage. Cette femme est remarquable : commandante expérimentée, les pirates de l’air prospèrent sous son règne. Leurs vaisseaux sont en très bon état, et sont tous équipés d’une excellente technologie d’armement dernier cri. Heureusement pour la flotte, il se trouve que la cheffe des pirates est une très bonne connaissance du nouveau capitaine. Leurs regards énamourés en témoignent. Grâce à cela, les pirates décident d’aider la flotte SFFF sans vraiment demander de contrepartie. Et même mieux, ils offrent le passage de la route des contrebandiers et donnent leur stock de minerai de fer dont ils ne se servent pas, et des vivres pour plusieurs semaines. 

Malheureusement, alors qu’ils viennent de décoller pour continuer leur périple jusqu’à la planète ZT156, le capitaine, Caseus change d’avis et décide de retourner aux côtés de sa dulcinée vivre une vie de pirate de l’air, qui semble bien plus gratifiante que son rôle de pionnier pour une société en perdition. Il prend l’une des capsules de sauvetage et s’éjecte en direction de la base pirate non loin de là. Mais c’était sans compter le passage de la grande baleine de mer, monstre et seigneur de cette partie de l’espace, qui voit en la capsule une très savoureuse nourriture et l’avale. 

    La flotte SFFF se retrouve de nouveau sans capitaine. Le deuxième militaire, Orynthe, prend sa place à contrecœur et s’occupe de remonter le moral de la flotte bien diminuée. Une petite fête fait toujours du bien pense le capitaine. Étonnamment, l’alcool coule à flot ! Le petit cachotier qu’est Lyf avait caché de nombreuses bouteilles afin de se faire plaisir. C’est la fête, tout le monde s’amuse, et surtout Lizzard qui, totalement saoul, se trompe de porte et s’éjecte du vaisseau. 

    Après de nombreux problèmes, ce qui reste de la flotte SFFF arrive enfin à destination : le gisement de la planète ZT156 existe bel à bien, sur l’une de ses lunes, à leur plus grand soulagement. 

Un être étrange bien que ressemblant aux anciens mammifères terriens se présente à eux, prouvant ce que vous ignoriez : la vie est présente sur cette petite lune! Ils ont l’air amicaux mais parlent une langue un peu particulière, composée de “blip” et de “grip”. Pour le moment, ils se contentent d’observer les pionniers mettre pied à terre. Raas, biologiste de métier, remarque que le gisement tant convoité sert de nid à une variété d’insectes qui ressemblent à de mignons petits vers roses. Ils semblent se nourrir du fer de météorite. 

    “Peu importe, clame Lyf. Nous n’avons pas fait tout ce chemin pour rien ! Nous n’avons pas perdu nos amis pour rien ! 

Mais tu ne comprends pas ! C’est la base de la chaîne alimentaire de la lune ! Si nous prenons ne serait-ce qu’un quart de ces réserves, c’est tout son écosystème qui risque d’être détruit ! Nous ne pouvons pas détruire une autre forme de vie !

Nous sommes des Terriens ! Peu nous importe la vie de cette insignifiante lune ! 

Mais tu es un imbécile ou quoi ? Où vivrons-nous quand nous aurons épuisé les ressources de toute la galaxie ? Éthiquement, nous ne pouvons pas agir comme cela, nous ne sommes pas des monstres !” 

    Malgré tout, Lyf refuse d’entendre raison, et sans un regard pour le biologiste, commence à piocher le minerai en marmonnant “On est venu pour une mission, on l'accomplit". 

Alors que la flotte SFFF retourne dans le vaisseau après avoir pillé le gisement, au grand désespoir d’Raas, des vaisseaux menaçants leur bloquent le passage. Leur commandant, un petit être bleu foncé à la démarche chaloupée s’avance et clame d’une voix forte et autoritaire : 

    “Terriens … Vous qui avez osé piller ce gisement, je vous somme de le rendre. En l’autorité du prince de Gaab, planète maritime aux grands pouvoirs, je vous condamne à mort si vous ne restituez pas ce gisement. 

-Très noble prince gaabien, commence Raas dans l’espoir d’arranger les choses. Nous sommes désolés de cette méprise. Nous ne savions pas que ce gisement était si important. Nous vous le rendons volontiers.”

C’était sans compter sur Lyf qui refuse catégoriquement de rendre le gisement qu’il a mis dans son sac. Extrêmement cupide, il ne voit pas pourquoi il doit écouter des petits êtres bleus sans foi ni loi. Il est persuadé d’avoir le dessus mais n’a pas compté sur l’agilité des gaabiens et sur leurs prouesses technologiques. Un petit coup de taser électromagnétique et c’est fini, Lyf ne respire plus. Les Gaabiens se sont sentis offensés et interdisent tout accès au vaisseau. 

    “Votre cupidité sera votre perte Terriens ! Vous avez voulu jouer au plus fort, vous voilà prisonnier de cette lune, sans aucun espoir de sortie ! Profitez bien de vos derniers moments”. 

Sur ces paroles, le prince gaabien retourne dans son vaisseau et décolle. Raas a eu le temps de retourner dans le vaisseau en vitesse, espérant pouvoir également s’envoler dans l’espace. Cependant, pour parer à toute tentative de fuite, le prince gaabien envoie un missile qui fait exploser le vaisseau de la flotte SFFF. Raas n’a eu aucune chance de survie. 

    Orynthe, le capitaine d’un équipage et d’un vaisseau disparu, erre sans fin dans le désert lunaire, à regretter chaque mauvais choix fait depuis le début de leur périple. Il a perdu espoir en l’être humain, qui n’est bon qu’à détruire toute forme de vie, lui y compris. Il n’aura pas réussi cette mission, mais il aura compris cette grande leçon de vie… qui ne lui sert plus à rien maintenant. 



    Et voilà ! C’est une histoire dont je peux être fier. Je n’aurais jamais cru penser m’éclater autant à écrire de la science fiction ! Comme quoi, il faut toujours tester de nouveaux genres, se challenger en écriture. Je vais me faire un petit café, la relire tranquillement et l’envoyer à la maison d’édition. 

Je me dirige lentement vers ma cuisine, regarde la pluie un peu déprimante par la fenêtre et revient tranquillement devant mon ordinateur cinq minutes plus tard. 

    “NOOOONN ! Pourquoi un écran noir ?! Pourquoi tu ne veux pas te rallumer, imbécile” 

Un message apparaît enfin sur l’écran “Mise à jour 13%”.

“Attends…. Rien de grave, mon ordinateur n’est pas cassé. J’aurais toujours mon texte à la fin de la mise à jour.” 

    Au bout de quinze minutes, je peux enfin ouvrir mon fichier openoffice. 

“NOOON, j’ai oublié de sauvegarder et il a disparu… Mais quelle buse, c’est pas possible…..”


 

1

Orynthe
3330 points

2

Raas
3320 points

3

Lyf
3210 points

4

Lizzard
3200 points

5

Caseus
3005 points

6

Esar
2710 points

7

Bhrym
2545 points

8

Cosmo
2375 points

9

Naphira
2320 points

10

Catiminus
2300 points