Classement du mois
de mai

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Le zoo de l'horreur

Cela fait maintenant cinq mois que j’essaie d’écrire ce fichu roman et que je retourne toujours à la case départ…. J’en ai plus que marre ! C’est à croire que mes personnages se liguent contre moi, leur sublime créature ! Quels ingrats vraiment ! Le monde n’est plus ce qu’il était …. Pourquoi J. R. R Tolkien ou encore Brandon Sanderson peuvent écrire d’aussi bon roman et pas moi …. Non, c’est décidé, je ne m’avouerai pas vaincu ! Mes professeurs m’ont toujours dit que j’étais doué… Je suis sûr qu’ils ont raison donc je vais m’y remettre. Tiens, voilà des feuilles et un stylo. Il ne me manque plus qu’une bonne tasse de thé (on ne fait rien sans un bon thé) et d’une magnifique idée… Qu’est-ce que je pourrais faire ? Des zombies ? Non… vu et revu … Des vampires ? Non… trop saignant (je n’aime pas la viande saignante, vous ne le saviez pas ?) Ah mais je sais ! J’ai vu ce très bon reportage animalier, pourquoi ne pas le faire sur un zoo ? Ah oui, c’est ça, je sens le chef d’œuvre arriver.

 

Arrivés devant le grand portail en fer forgé du Zoo de l’Aiône, les élèves étaient surexcités. Comprenez-les, c’était la première - et tant attendue - sortie scolaire de leur quinzième année d'école. Après avoir étudié l’histoire du royaume d’Aiônessa, ils n’avaient qu’une seule hâte : découvrir les créatures magiques que les Hommes ont enfin réussi à enfermer. Ils avaient appris que leur monde n’avait pas toujours été comme ça, au grand étonnement de certains, et qu’avant, les Hommes étaient même au bas de la chaîne alimentaire. Les griffons, centaures, farfadet ou autres créatures, régnaient en maître et les Hommes étaient obligés de se cacher ou de se soumettre. Le règne animal avait cependant pris fin, grâce à la superbe invention des armes à feu. Certains sages avaient également appris les rudiments de la magie, ayant eu la chance d’avoir pu dérober quelques vieux grimoires à la Lechuza, la très célèbre sorcière mexicaine que l’on voyait souvent sous la forme d’un immense hibou blanc aux yeux noirs en amande volant dans la nuit étoilée. La maîtrise de la magie et des armes à feu avait renversé les choses. Les proies étaient devenues les prédateurs et maintenant les créatures magiques tant honnies et craintes étaient parquées dans le célèbre zoo de l’Aiône, le plus grand sur Terre. Ce pan de l’histoire en tête, les dix élèves de la quinzième classe étaient aux anges. Apprendre des choses, c’est bien ; les voir, c’est mieux. Trépignant d’impatience, ils attendaient leur guide pour la journée.

« Ça va être génial, s’exclama Grefen ! La meilleure journée de l’année, j’en suis sûr !

-Chut, le réprimanda Polinus, le guide arrive ! »

              Et effectivement, le guide arriva près d’eux et les salua avant de commencer les explications sur la création du zoo et son fonctionnement. Après une bonne trentaine de minutes, intéressantes pour certains, très ennuyantes pour d’autres, ils entrèrent enfin dans le vif du sujet et se déplacèrent pour voir les créatures enfermées derrière d’épais barreaux en acier ou en métal.

« Comme je vous ai expliqué tout à l’heure, poursuivit le guide, nous avons décidé de parquer les bêtes selon leur origine géographique, et cela à des fins éducatives. Nous voici donc à l’entrée du territoire asiatique, le plus intéressant à mon sens, excusez mes digressions. Donc, comme je le disais, vous pouvez voir que nous avons essayé de reproduire leur environnement au maximum, c’est quand même plus esthétique. Nous avons planté plein d’arbres et de fleurs. Vous pouvez donc apercevoir le célèbre Gumiho, le renard à neuf queues coréen qui se transforme en jeune femme très belle et très attirante pour vous arracher et manger le cœur. Ensuite, voilà l’ushioni, le mi-crabe, mi-bœuf japonais ; puis l’Aralez, le chien ailé arménien. Si vous me suivez un peu plus loin, vous pourrez observer le vampire malais, aussi appelé Berbalang… quel affreux suceur de sang celui-là ! Le très célèbre hippogriffe est sous bonne garde, vous ne voulez pas vous retrouver face à lui je pense ! Et vous n’avez pas vu le pire : l’effroyable, le monstrueux yeti, qui hante les montagnes blanches de l’Himalaya… Enfin, dans cette zone d’ombre qui dénote un peu avec tout le reste, il faut dire, voici les goules… rah répugnant.

-Mais monsieur, interrompit soudain Cataplume. Nous ce qu’on veut voir ce sont les dragons !

-Ah oui ! Les dragons, les dragons…

-Malheureusement, à la suite de quelques fâcheux incidents, nous avons décidé de ne plus garder de dragons… Ils ont failli réussir à libérer tous les autres donc nous n’avons gardé que ce lézard que vous pouvez voir dans cette petite cage. Il est inoffensif, même s’il essaye souvent de faire croire le contraire.  

-Lézard ? répliqua une voix hargneuse. « Dragon ! Dragon ! Il n’y a pas de lézard, nous ne parlons pas la même langue ». 

« Bref, sur cet intermède bien sympathique, je vous invite à poursuivre la visite faire la zone de la savane, dans une petite découverte de l’Afrique ! repris le guide après avoir obtenu le silence. Suivez-moi. »

              Les dix élèves purent découvrir avec stupéfaction des créatures dont ils n’avaient que très peu entendu parler : le majestueux griffon égyptien ; les fées Aziza aussi connues comme les génies de la forêt du Bénin ; le monstrueux chipique, un monstre aquatique mi-serpent, mi-crocodile du fleuve Zambèze ; le célèbre Mommo, génie ancestral des eaux du Mali ou encore le Kongamato souvent surnommé le « casse-bateau » en raison de sa fâcheuse habitude à s’attaquer aux voiles des navires en Zambie. Après avoir passé un bon moment en Afrique, ils se dirigèrent du côté du folklore américain, vers des immenses cages où des montagnes et des grandes prairies pouvaient prendre place. Il leur fallait des jumelles pour pouvoir avoir une chance de voir les créatures paissant tranquillement ou se chassant les unes les autres. Les plus chanceux purent donc découvrir le Jackalpope qui ressemble à une espèce de lièvre à cornes ; l’époustouflant oiseau de feu accompagné de l’Oiseau-Tonnerre ; la Lechuza qui avait permis aux Hommes de prendre leur revanche et le très tristement célèbre et maléfique Wendigo. Les élèves étaient époustouflés, jamais ils n’avaient vu quelque chose d’aussi grandiose. S’ensuivit une visite du désert australien où ils purent entrevoir le nain agressif australien aussi connu sous le nom de Woodarje ; l’affreuse divinité-araignée Aerop-Enap ; le lutin espiègle Dama Dagenda de Nouvelle-Guinée qui s’amusait à imiter des bruits d’animaux sauvages ; les Mimi, des petits êtres filiformes et lumineux, très jolis à voir et les deux serpents : le serpent arc-en-ciel aussi nommé Ndjamulji et le serpent de cuivre Yurlungur.

 

« Maintenant, passons aux choses sérieuses. La partie la plus fournie du zoo concerne bien entendu l’Europe. Vous pourrez avoir la chance d’apercevoir les sirènes chantant dans l’eau, les centaures et les licornes galopant ensemble, les farfadets et les feu-follets, les petits gnomes sautillants, le dangereux kraken, le célèbre monstre du Loch-Ness, parfois surnommé Nessie, et le très énigmatique Doppelgänger. Mais tout d’abord, nous allons nous diriger vers la partie ancienne, vers les créatures venues tout droit de la Grèce. »

              Attends… Non … Non… c’est pas possible ! C’est mais d’un ennui ! Même moi qui couche les mots sur le papier, j’arrive à m’assommer tout seul ! Personne ne veut lire une simple énumération…. Grrrr..  J’en ai marre, pourquoi je ne suis capable que de faire des catastrophes littéraires comme ça …. Que vont dire mes fans ? Ah mais il est devenu sénile et nul …. Non… Il faut que je trouve quelque chose …. ET NON JE SUIS OCCUPÉ, JE NE PEUX PAS ALLER TONDRE LA PELOUSE !! D’accord, ça y est, j’ai une excellente idée qui me permettra de pimenter un peu ce récit !

              Alors qu’ils marchaient dans une espèce de petite forêt, ils débouchèrent sur une clairière entourée de très hauts arbres, aussi composée de quelques arbres, de pierres dressées et d’un petit étang à l’eau scintillante. Captivés par les reflets de l’eau, les dix élèves se rapprochèrent et eurent la joie et la surprise de voir de petites dryades qui dansaient autour de l’eau. Ce tableau était tout simplement magnifique et subjugué par cette vision magique, Grefen s’exclama :

« Oh, qu’elles sont belles ! J’aimerais avoir leur beauté et leur grâce ! »

              D’un seul coup, l’une des dryades qui se mouvait avec tant de grâce qu’elle semblait flotter, se retourna. Et ce fut le début de l’horreur. A la place de la tête de la dryade se trouvait une atrocité, une tête hideuse entourée de nombreux serpents se mouvant sans aucune délicatesse. Un cri résonna dans l’air, un réel cri d’épouvante comme on n’en avait pas entendu depuis les Temps sombres où les Hommes étaient chassés par les bêtes. Le malheureux Grefen n’était plus …. A la place se tenait une statue en pierre avec une expression de pure terreur figée sur le visage.

« C’est la Gorgone, hurla Azior ! Elle change les hommes en pierre par le regard ! Fermez les yeux et fuyez pour votre vie ! »

              A l’entente de ces mots, ce fut la débandade. Les élèves et le guide tentèrent par tous les moyens de fuir, mais il faut bien avouer que fuir est déjà une chose difficile, mais alors le faire les yeux fermés, c’est tout simplement impossible. De bousculades en bousculades, certains tombaient, certains se cognaient contre les arbres ou les pierres, certains trébuchaient contre les racines… La plupart d’entre eux réussirent toutefois à regagner l’ombre apaisante des arbres et, après avoir ouvert un œil prudent, purent avancer sans être aveugle. Ils coururent jusqu’à sortir de ces mois maudits, épuisés et toujours sous le choc d’avoir vu leur camarade et ami changé en pierre.

« Où est Beebop, demanda soudain Azior, inquiet à l’idée de ne pas avoir son ami dans son champ de vision. Beebop ? Beebop ? Où es-tu ? »

         Azior n’eut malheureusement jamais la réponse à sa question. Beebop n’était jamais sorti de la clairière, il n’avait eu aucune chance. Après s’être cogné sévèrement contre un arbre, il avait été tellement secoué par le choc qu’il était tombé à terre et ne s’était jamais relevé. Dans la cohue des élèves tentant de s’échapper, il avait tout simplement succombé, écrasé sous ses amis qui ne s’étaient rendu compte de rien.

 

              Revenons-en aux personnes encore vivantes. A peine sortis des bois et se croyant à l’abri, les désormais huit malheureux élèves déchantèrent. Ce n’était plus le même zoo dans lequel ils étaient entrés quelques heures auparavant, ce n’était plus le célèbre zoo de l’Aiône … c’était le zoo de l’horreur… Il n’y avait pas d’autre moyens de le décrire. De nombreuses cages avaient été brisées, la plus grande partie des créatures s’étaient enfuis et vagabondaient, terrorisaient les hommes affolés. Des guides reconnaissants à leur veste rouge foncé couraient en hurlant dans tous les sens, tentant de reprendre le contrôle d’une situation qui avait tout simplement dégénérée. En vain… Figés par l’incompréhension et la peur, les huit élèves s’aperçurent un peu trop tard du danger imminent qui les attendait. Les pierres tremblaient au sol, des secousses de plus en plus fortes faisant tanguer les élèves. Au dernier moment, un éclair de compréhension passa dans les yeux d’Pazirion… Trop tard. Avant même qu’il n’est pu avertir les autres, il se retrouva écrasé sous les sabots du troupeau de centaures qui fonçait sur eux. Il n’eut aucune chance mais sa mort permit de sauver les autres, qui s’écartèrent au dernier moment. Ils coururent comme ils n’avaient jamais couru de leur vie, comme si la mort était à leur trousse. Et cette image n’était pour une fois pas qu’une seule image, elle était la réalité, la mort étant incarnée par ces immenses centaures et leurs sabots destructeurs. Ils y échappèrent toutefois, peut-être par chance ou par la clémence de personne ne sait quel dieu. C’est en tout cas ce que se disait Orion, qui avait couru plus vite que n’importe lequel de ses camarades et qui se trouvait maintenant loin de tout danger. Et de tout être humain. Se sentant soudain très seul mais avec la désagréable impression de se sentir observé, Orion regarda anxieusement autour de lui. Il se trouvait curieusement dans la partie américaine du zoo. Du coin de l’œil, il aperçut deux oreilles dépasser des herbes hautes, puis deux yeux rouges. La créature sauta d’un coup, ayant repéré une proie digne d’intérêt. Orion. Comprenant tout de suite le danger qui le guettait, il se remit à courir, essayant d’échapper à un lièvre à corne diabolique. Maudis Jackalpope… Dans sa fuite, il regarda tant de fois derrière son épaule pour confirmer son avance sur le monstre, qu’il ne se rendit pas compte qu’il arriva à une falaise artificielle, créée par l’homme pour reproduire les montagnes américaines. La chute fut longue, il cria tant de fois qu’il se fit mal aux cordes vocales. Elle s’arrêta brutalement, sur un dernier cri. Le malheureux s’était empalé sur les bois coupés en forme de pointe à l’occasion de la construction d’une future palissade qui avaient été rangées au bas de la falaise. Il mourut sur le coup.

 

              Les autres élèves se regroupèrent essoufflés dans un renfoncement rocheux assez grand pour tous les abriter et les cacher de l’extérieur. Ils se regardèrent tous, ne sachant plus quoi faire, totalement dépassés par les évènements.

« Cette horreur… Comment peut-on s’en sortir, pleurnicha Azior, les bras enroulés autour de son corps, dans l’espoir de se protéger de n’importe quelle menace.

-Il n’y a qu’une seule solution, tenta de dire Polinus, fuir et quitter ce zoo maudit.

-Et Monsieur je sais tout saurait peut-être comment faire ? ironisa Ergründ. Si tu ne l’as pas remarqué, des centaines de créatures toutes plus dangereuses les unes que les autres rôdent dans le parc et cherchent une seule chose… nous tuer !

-Et ça sert à quoi de dire ça ? A part nous faire encore plus paniquer ? Ce qu’il nous faut ce sont des solutions, pas des constats inutiles ?

-Constat inutile ? gronda Ergründ. Constat inutile ? C’est en sachant exactement à quoi on a affaire que l’on peut trouver des solutions, imbécile !

-Ça ne sert à rien de discuter avec vous. La seule solution c’est de courir plus vite que quelqu’un… Comme ça, on peut en réchapper. Moi je m’en vais ! Vous pouvez encore en discuter pendant des heures, mais moi je vais tenter de sortir, déclara Gravaltor avant de partir de son côté. »

              Petit à petit, tous les élèves se séparèrent. A croire qu’une tragédie avait eu raison de leur amitié. Ils partirent chacun de leur côté, persuadés qu’en ne se préoccupant que d’eux-mêmes, ils auront plus de chances de s’en sortir vivant.

Quelle erreur… Ils sont un peu bêtes ces jeunes… mais bon ce ne sont que des jeunes… Bon voyons voir ce que je peux inventer comme problèmes. Je préfère que ça se passe comme ça. Le piment dans la vie, c’est le mieux !

              Kopit avait fait un bout de chemin et se trouvait pas très loin du coin asiatique. Il se reposa un moment sous un magnifique cerisier en fleur, se disant que de toute façon, deux minutes de repos n’allaient pas le tuer, et qu’il valait mieux ça que de tomber d’épuisement plus tard. Il ferma quelques secondes les yeux, appréciant un bref interlude de calme. Quand il les rouvrit, il sursauta. Une magnifique jeune femme se trouvait devant lui, ses longs cheveux noirs ondulant le long de son dos. Elle le regardait avec de sublimes yeux couleurs or et lui souriait gentiment. Tout en elle inspirait la confiance, et un désir de la protéger et de la serrer dans ses bras. Quand elle se rapprocha de lui et tendit la main pour caresser sa joue, Kopit fondit de bonheur. Il était le plus heureux des adolescents, il pouvait mourir heureux maintenant qu’il la connaissait elle. Perdu dans son bonheur, il ne vit pas la main recouverte de fourrure et aux longues griffes qui s’approchait dangereusement de son ventre. Toujours avec un énigmatique sourire aux lèvres, la magnifique créature enfonça sa main dans le ventre du malheureux qui ne comprenait rien à ce qu’il se passait, lui arracha le foie et le porta à ses lèvres, le goûtant avec envie. Polinus, qui passait par hasard par-là, assista à la scène avec horreur, pétrifié de peur et de dégoût. Quand la créature, tout autant sublime que monstrueuse, se tourna vers lui, il succomba de terreur, terrassé par une crise cardiaque.

 

              De l’autre côté du zoo, Cataplume avançait avec prudence. Il se sentait meilleur que ses camarades, cela depuis toujours. Il était plus intelligent, il travaillait plus. Il pouvait s’en sortir. Pas comme certains de ses idiots de camarades qui seraient incapable de déjouer la plupart des pièges. Il traversa les bois et arriva devant un lac immense. Pendant un moment, il n’entendit aucun bruit, aucun bruissement d’ailes, aucun son d'insectes ou de bêtes en tout genre. Juste un silence apaisant. Puis une mélodie s’éleva dans les airs. La voix était magnifique et l’emporta dans un océan d’émotions. C’était la plus pure des mélodies, la plus belle chanson qu’il n’avait jamais entendue. A trop se vanter de ses capacités, on oublie la moindre prudence. Tellement persuadé qu’il allait s’en sortir, il tomba dans le plus ancien des pièges : le chant des sirènes. Il suivit la mélodie comme on pourrait suivre une traînée d’étoiles et s’enfonça petit à petit dans l’eau glaciale du lac jusqu’à ne plus jamais en ressortir. Les sirènes profitèrent d’un bon festin.

 

Je n’ai jamais aimé les gens imbus d’eux-mêmes. Bien fait pour ce blaireau ! De toute façon, c’est moi l’auteur, c’est moi qui décide !

 

              Les trois élèves survivants se retrouvèrent par hasard devant l’enclos des licornes. Ils avaient couru chacun de leur côté, espérant survivre seuls. Sans grand succès… Ils s’étaient juste épuisés à tourner en rond et étaient toujours bloqués dans cet enfer.

« Je suis ravie de vous retrouver, commença Ergründ. Tout ça était une idée débile. C’est bien connu, à plusieurs nous sommes plus forts ! Il faut nous unir pour espérer sortir de là ! A trois, je suis certain qu’on peut y arriver.

-Tu as raison, renchérit Gravaltor. Essayons ensemble, nous n’avons pas grand-chose à perdre de toute façon. Mais il nous faut un plan, on ne peut pas avancer à l’aveugle.

-Le guide nous a expliqué où étaient les créatures les plus dangereuses. Il nous suffit d’éviter leurs cages en espérant qu’ils ne se sont pas trop déplacés.

-On peut tenter ça… et courir si tu te trompes. »

              Ainsi commença leur collaboration pour s’en sortir vivant. Ergründ partait en éclaireur et faisait un bruit de hibou quand la voie était libre. Ils avancèrent lentement mais sûrement et se dirigeaient petit à petit vers la sortie du zoo. Ils arrivèrent devant des serres et la voie étant libre, décidèrent de jeter un coup d’œil à l’intérieur.

« Des pelles et des pioches, s’exclama Azior. On peut se battre avec ça ! On ne sera plus aussi faible. »

              Aussitôt dit, aussitôt fait. Les trois compagnons s’équipèrent et se sentirent beaucoup plus en sécurité ainsi armé.

 

              Un coup de pioche peut faire très mal, j’en sais quelque chose ! Maudis jardinage, ça m’énerve, j’arrive à me donner moi-même des coups de pioche. Et puis tout récit a besoin de héros ! Voilà qui va me faire un bon dénouement.  

 

              Ils avancèrent encore un peu mais tout d’un coup, un bruit les fis sursauter. Une bête s’était immiscée entre eux, et par réflexe, Azior enfonça sa pioche dans son œil, tuant la pauvre créature sur le coup. Il n’eut pas le temps de relever la tête pour fêter sa victoire qu’il reçut un puissant éclair, le tuant sur le coup. Ses deux compagnons se regardèrent ébahis avant de comprendre ce qu’il venait de se passer… Azior avait tué une licorne et avait aussitôt déclenché la malédiction de la licorne. Aucun tueur d’un être aussi pur ne pouvait marcher sur cette Terre, les autorités supérieures n’appréciant aucunement la mort de leur enfant préféré. Ils n’eurent toutefois pas le temps de reprendre leurs esprits et de partir. Une créature beaucoup plus dangereuse approchait, la mort dans son sillage. Gravaltor se sentit devenir un héros, sans même comprendre pourquoi. Avec un cri de guerre inventé à l’instant, dans l’espoir de ressembler aux héros de son enfance vus et revus dans ses films préférés, il s’élança et essaya d’abattre sa pelle. En vain. Un hippogriffe est une créature immense et puissante. Rien à voir avec un petit avorton de quinzième classe. Avant même d’arriver à blesser la créature, il se prit un coup de griffe qui lui sectionna l’artère carotide, le laissant au sol, vidé de son sang. Ergründ, des larmes coulant sur ses joues à l’idée de la mort de tous ses amis, profitant quand même de la diversion offerte par son ami, comprenant qu’il s’agissait peut-être de son seul moyen de survie. Après avoir couru pendant quelques dizaines de mètres, il vit enfin la lumière au bout du tunnel… Enfin, il se trouvait devant la sortie du zoo. Enfin, il pouvait sortir de ce zoo de l’horreur. Après cette désastreuse expérience, il se promit de ne jamais remettre les pieds dans un zoo. Et il ne croyait pas si bien dire. Alors qu’il allait enfin ouvrir la porte, des flammes lui brûla les mains. Pris par surprise, criant de douleur, il vit le petit dragon observé un peu plus tôt dans la journée.

« Alors comme ça vous rigolez en me traitant de lézard ? De LÉZARD ? Je vais vous faire payer votre insulte, moi le Grand Dragon ! »

              Ce fut les derniers mots que Ergründ entendit de sa courte vie, ayant fini brûlé vif sous la colère d’un dragon aussi petit que terrifiant, vaincu par les forces de l’univers qui avaient décidé qu’aucun élève ne pouvait survivre à cette journée.

 

Attendez…. Il y a un problème là … Comment puis- je continuer mon roman si je n’ai plus aucun personnage ?? Mais que je suis bête !!! Je me suis trop amusé à tous les tuer que j’ai oublié l’essentiel… Mais quel abruti… Un roman a besoin d’action mais surtout de personnages !!! Des personnages !!! Aucune maison d’édition ne va accepter un récit de six malheureuses pages ! Je ne fais pas des nouvelles moi, je fais des romans… Mais quel con… Comment je peux faire pour rattraper ça ? Les ressusciter ? Non c’est trop improbable, personne ne va y croire …. ET NON JE N’IRAIS PAS TONDRE LA PELOUSE ! TU N'AS QU’A T’EN OCCUPER ! Oh et puis j’en ai marre ! MARRE DE CETTE PELOUSE ! MARRE DE CETTE HISTOIRE ! MARRE DE TOUT….

Tout en criant, notre malheureux auteur avait commencé à déchirer le papier qu’il avait sous la main, afin de faire passer sa rage. Il les coupa en petits morceaux, satisfait de se sentir mieux…. Jusqu’à ce qu’il cherche son manuscrit du regard, espérant le retravailler !

MAIS QUEL ABRUTI !!! MON MANUSCRIT !!! MAIS POURQUOI JE L’AI DÉCOUPÉ EN SI PETITS BOUTS DE PAPIERS …. Je suis nul en puzzle… J’en ai marre, je vais me coucher. 


 

1

Ergründ
2460 points

2

Gravaltor
2395 points

3

Azior
2265 points

4

Cataplume
1940 points

5

Polinus
1910 points

6

Kopit
1745 points

7

Orion
1595 points

8

Pazirion
1105 points

9

Beebop
940 points

10

Grefen
840 points